Affaire du réseau d’antiélite de Toulouse

Le « nœud » Patrice Alègre

C’est le segment de l’affaire dite “Alègre”, du nom de Patrice Alègre.

L’émission Faites entrer l’accusé nous permettra de voir l’ensemble de ce qu’on appelé à tort – et de manière très politique – l’affaire Alègre. Dans le reportage nommé « Patrice Alègre, le sang et la rumeur », diffusé pour la première fois le 18 janvier 2015 sur France 2, le journaliste Guillaume Maury (production 17 juin Media), fait de Patrice Alègre – comme à chaque fois dans ce type d’émission puisque c’est leur “fonction sociale” – un prédateur isolé et dédouane totalement Dominique Baudis, le maire de Toulouse ainsi que le reste des notables de la région potentiellement concernés :

Faites entrer l’accusé

On note cependant trois choses.

Premièrement, une rapidité plus que douteuse de la part de certains enquêteurs pour qualifier de ‘suicides’ des morts qui n’en présentent pas les caractères. On sent bien que les personnes interrogées dans le reportage aimeraient aller plus loin dans leur interrogation mais n’osent accuser personne. Comme d’habitude dans ce genre de cas, on rencontre beaucoup d’erreurs policières, ce qui laisse toujours penser ou que nos police et gendarmerie sont des crétins finis mal formés, ou que des gens au sein de ces corps sont placés comme des anti-corps ayant pour tâche de faire en sorte que, ponctuellement, la machine déraille. Dan le cas des suicides, c’est comme s’il y avait deux couvertures : 1) le suicide et le classement du cas pour qu’on n’en parle plus ; 2) le cas échéant, la thèse du prédateur isolé. Soit, ou l’agent – si agent il est – peut travailler tranquillement à éliminer les corps qu’il n’a pas forcément tué lui-même et continuer cette besogne, soit il se prendre et est sacrifié comme un fusible qui saute, paravent pour qu’on ne remonte pas à ses commanditaires.

Deuxièmement, il est bien dit que Patrice Alègre travaillait pour un réseau de prostitution, et qu’il violentait et ‘essayait’ les filles pour ce groupe. D’où l’extension du domaine de l’enquête qui remontait jusqu’à la notabilité toulousaine et du Sud-Ouest de la France. Or, comme pour le réseau d’antiélite belge (1996-2004) ou l’affaire d’Outreau (1997-2000)1, tout le segment ‘élitiste’ de cette affaire va vite se dégonfler, pour surtout se concentrer sur la thèse de l’individu isolé, ce qui arrange le Système corrompu. C’est donc, après les petites mains au sein de la police, de la gendarmerie et de la justice, qui font tout pour que les affaires n’explosent pas, le deuxième volet, avec le jeu des avocats et des media qui font en sorte que tout se dégonfle et se focalise sur la personne de Patrice Alègre. Il se peut même que l’arrivée de “Djamel” (de son vrai nom : Pierre-Olivier Puis) dans l’affaire ait été favorisée puisque tout en disant la vérité, étant malade et déraisonnable, il pouvait servir à discréditer les accusations des deux prostitués : si vous voulez nuire à une cause, attaquez-la d’une part et, surtout, plus subtilement, mettez en avant et aidez ceux qui la défendent très mal (forme d’opposition semi-contrôlée).

Troisièmement, plusieurs personnes évoquent la double personnalité de Patrice Algère et son enfance étrange avec un père gendarme violent. On voit avec les témoignages de Séverine et Audrey, dont les copains étaient militaires dans l’armée de l’air, avec l’affaire du Var (“Amidlisa”) qui – si les grands-parents et la mère des trois enfants disent vrai – que la justice et les forces de l’ordre sont bien infiltrées (comme on le soupçonne notamment dans l’affaire présente et avec la disparition du carnet noir des clients de Claude Dunand2, qu’être gendarme n’offre aucune garantie de moralité, ni qu’il ait pu participer à des rites tels que ceux décrits par Alexandre Lebreton dans MK. Abus rituels et contrôle mental. Certes, il y a bien une différence de nature entre être comme “dissocié” lors de moment de colère et souffrir d’un Trouble Dissociatif de l’Identité, mais s’est-on posé la question, quand Patrice Alègre lui-même dit qu’il ne comprend pas ce qu’il fait, et qu’il ne semble pas pour plaider la folie et diminuer sa peine.

Au contraire, s’il a vraiment assisté puis participé à des rites ignobles, si la vie de proches à lui sont conditionnées par son silence, peut comprendre qu’il ne dise rien et se laisse accuser seul de tous les sévices et meurtres sur les femmes et jeunes filles. On peut aussi penser qu’il protège les familles des victimes en ne révélant pas tout.

Ces doutes et hypothèses paraissent délirants lorsqu’on regarde le genre d’émission de Mots Croisés, animée par Yves Calvi3 :

Cette émission, qui suit « Notable donc coupable », une fiction réalisée par Francis Girod, réunit les invités :

  • Matthieu ARON, rédacteur en chef en charge des enquêtes à France Info, co-auteur du Bûcher de Toulouse
  • Florence AUBENAS, grand reporter au Nouvel Observateur, auteur de La méprise (sur l’affaire d’Outreau)
  • Louis-Marie HOREAU, journaliste au Canard enchaîné
  • Philip TURLE, journaliste à la rédaction de RFI, professeur de journalisme à la Sorbonne et au CFPJ
  • Fréderic PLOQUIN, grand reporter à Marianne, qui publie aussi du “true crime” chez Ring, qui confine à de la pornographie judiciaire
  • Dominique VERDEILHAN, chroniqueur judiciaire à France 2
  • Gérald BRONNER, professeur de sociologie, auteur de L’Empire des Erreurs

Lesquels de ces personnes invitées sont des “idiots utiles” et lesquels d’éventuels complices payés à cacher la vérité derrière de fausses enquêtes ? Sont-ils, eux, dans le vrai, pendant que les soupçons sont déraisonnables ?

Au-delà d’Alègre

Témoignage des enfants du juge Roche (2005) : un système occulte

Cela parait moins délirant lorsqu’on écoute les enfants du juge Roche, retrouvé “suicidé”. Aucun des reportages des chaines oligarchiques et d’Etat, ne relie évidemment la mort du juge toulousain et l’affaire du réseau mis à jour autour d’Alègre, alors qu’il parait évident qu’il faut établir une jonction si on est de bonne foi et non dans la combine. Une fois Patrice Alègre inculpé, le reste du réseau criminel impliquant des personnalités influentes du monde de la politique et de la justice, telles que Dominique Baudis ou le haut magistrat Pierre Roche, pouvait rester au fond des oubliettes de la justice…

La mort soudaine et inexpliquée du magistrat Pierre Roche, le 22 février 2003, a contribué à relancer l’affaire de ce vaste réseau criminel et de ses pratiques douteuses. Peu avant son décès, confirmé par l’idée qu’il en savait trop, Pierre Roche a livré à Charles-Louis et Diane, ses deux enfants, le témoignage de ce à quoi il a assisté lors de ces soirées, témoignage filmé en 2005.

Le témoignage de Pierre Panet

Tepa recueille le témoignage de Pierre Panet

M. Panet, met en cause le procureur Marc Bourragué, citant Le Parisien ; il parle de l’association « Stop à l’oubli » ; de la nomination de Dominique Baudis comme défenseur des droits et comme directeur de l’Institut du monde arabe.

On peut lire sur l’affaire Alègre

Photo d’entête : « SALLE D’HONNEUR » patrick janicek.

Notes

  1. C’est fou comment la justice peut mal fonctionner dans le Nord et le Sud-Ouest de la France et en Belgique, en même temps, mettre en cause des notables et hautes personnalités des antiélites locales, au point d’être déjugée à chaque fois, les accusateurs devenant affabulateurs et accusés à leur tour… Heureusement que le 11 septembre 2001 et le terrorisme sont venus faire peur à tout le monde, pour qu’on soit apeurés et unis derrière nos gouvernements et non plus occupés à regarder ce qui passe dans les backrooms sales de nos sociétés.
  2. Patrice Alègre, Claude Dunand ou Marc Dutroux seraient trois petites mains de réseaux qu’ils servent mais qui les dépassent, et qui les lâchent une fois qu’ils sont pris.
  3. Un commissaire politique ?

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