Eldorado de Laurent Gaudé

Ce roman1 de 2006 m’aura laissé une impression contrastée. Certes on n’était loin de la pleurniche pop de Madame Monsieur pour l’Eurovision 2018, ou de la polémique médiatique Ilhan orchestrée par quelques réseaux et desservie par tous les Francis Lalanne que porte la France,

Ouvrir son cœeeeeur !

et j’ai même compris ses personnages que nous présente l’auteur. Gaudé a même un style qui lui permet de vendre les idées les plus moisies en les défendant de la plus belle des façons, sans même avoir besoin de rhétorique redondante et trop visible. Vers les pages 72-75, de mémoire, lorsque le bateau italien cherche le bateau d’Africains abandonnés par d’autres Africains, passeurs, et poussés sur la route par des salopards internationaux parmi lesquels on peut citer G. Soros, Botul HL, Attali etc., il atteint presque le niveau d’Antoine de Saint-Exupéry : on est sur les flots de la Méditerranée à chercher ces pauvres âmes avec le capitaine, comme on accompagne les premiers pilotes de l’Aéropostale au milieu des astres et risquant la mort au moindre moment, dans un héroïsme sublime et dérisoire à la fois.

Néanmoins, le propos de fond est à vomir, le blanc doutant de lui-même et de sa civilisation, se suicidant comme au profit du noir courageux et intrépide bravant tous les dangers pour survivre, dans un passage de relai, lorsqu’ils se croisent, qui ne m’aura tiré aucune larme. Peu me chaut que Laurent Gaudé ait des idées suicidaires, qu’il se dégoute, ait des problèmes de privilèges et de blanchité, ait envie de mettre la virginité de ses filles aux enchères pour que des riches Chinois les déflorent

ou que des richissimes Saoudiens ou Dubaïotes leur fassent faire caca dans la bouche par leur dromadaire (comme ils le font à bien des Instagrameuses prostituées)

Dans la saga les Occidentaux sont des salops…

parce qu’il a trop regardé de pornographie où les blanches se font défoncer par des ‘racisés’ et qu’il trouve ça efficace pour éponger (sur d’autres) ses sales et propres culpabilités imaginaires. Bref, la vie de Laurent Gaudé en tant qu’individu m’indiffère (et je ne sais d’ailleurs rien de lui, ne connaissant pas même son visage).

Mais étant né dans un monde où l’Afrique avait été rendue par mon pays à ses occupants légitimes depuis des décennies déjà, mon pays étant lui-même sous domination nord-américaine, israélienne et allemande, via Jérusalem et ses sbires chez nous, l’Etat profond américain et Bruxelles, je peux regarder n’importe quel noir migrant dans les yeux sans honte, peut-être en m’excusant de ne pas avoir encore réussi à virer BHL de mon pays, à juger le sioniste Sarkozy, le gros Flamby, Valls et Manu le minable, voire d’avoir mis à bas cette odieuse république et interdit la Franc-maçonnerie, mais enfin, que le migrant sache que j’y travaille et que je suis prêt à payer mes ordinateurs et mes téléphones plus chers pour que ses enfants n’extraient pas les métaux rares en étant esclaves.2 En tout cas, chacun sa merde et ses défaites, un gilet jaune ne le sait que trop, qui a cru se débarrasser des parasites élyséens et vider l’Assemblée Anti-nationale de cette tourbe méprisable, à la fin de 2018, pour être balayé comme un insecte par des gens méprisables et des forces armées vendues, en 2019.

De plus, si Gaudé croit au mythe du bon sauvage et s’imagine que l’Européen est pire qu’un autre, qu’il lise un peu et s’informe de l’universelle capacité des puissants à dominer les plus faibles, mais il ne me donnera pas le dégoût d’une civilisation que j’aime et qui n’a à rougir devant personne, quand bien même la culture officielle de la République pourrie et de l’oligarchie mondiale voudrait nous le faire croire.

Donc si Gaudé, Acte Sud (de l’ex-ministre de la Culture, Françoise Nyssen), le Ministère de la Culture républicaine, la Commission du techno-fascisme bruxellois et l’oligarchie mondiale veulent me faire culpabiliser de vouloir fermer les frontières de l’Europe à une population africaine dont le nombre va devenir ingérable à l’horizon 2050, qu’ils contemplent mon majeur blanc brandi à leurs faces cosmopolites et prennent bien le temps de le faire, car il y a de la poésie à ce doigt qui parle de leur fouiller les entrailles pendant que j’oppose une fin de non-recevoir au propos latent de cet Eldorado. Sans nier les drames humains.

Seulement, Jojo le gilet jaune qui peine à remplir son réfrigérateur n’est pas directement responsable du drame de Boubakar et ce n’est pas être humaniste que de laisser ce dernier servir d’agent involontaire de destruction d’un pays. Jojo et Boubakar n’ont pas à s’affronter, n’ont pas à être mis en concurrence mais à s’unir pour empêcher Shlomo et Mickey de les mettre l’un face à l’autre. S’émouvoir sur les effets, oublier les causes et ses acteurs, c’est jouer le jeu du mal. Gaudé le sait-il ? N’est-il qu’un émotif et petit trouffion de la masse des idiots utiles de la gogoche ? Est-il un petit lêchouilleur zélé de Delphine Ernotte et sa chasse aux mâles goyim de plus 50 ans ?3 Qu’importe : le suicide de l’homme blanc qu’il présente comme logique et moral est dégueulasse. Ou qu’il montre l’exemple.

Et pourtant j’ai aimé le livre…

Photo d’entête : “Lampedusa” par la_paolina

Notes

  1. Attention je divulgâche par la suite !
  2. Et encore, ce sont les Chinois qui sont ses pires exploiteurs ; fou, non, comment les anciens dominés deviennent rapidement aussi cruels que leurs anciens maîtres en peu de temps, non ?
  3. Michel Drucker n’a pas de souci à se faire !

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