Elles sont iniques, conflictuelles et anti-scientifiques. Tout historien digne de ce nom devrait s’opposer à elle, s’il est autre chose qu’un larbin du Pouvoir, un lâche qui se couche devant des politiques corrompus à l’écoute de tel ou tel intérêt particulier ou un misérable clerc de la République qui mange ses couilles dans sa soupe mensuelle, et tout homme libre les traite comme il se doit : en les méprisant, sinon en se riant des rampants et des pleutres, comme le ferait un Diogène s’il était encore là pour botter le cul des minables professeurs et autres gens importants qui savent enrober leur propagande avec un appareil critique (sic !), propagandistes de bas niveau dès lors qu’ils ont accepté l’inacceptable, couards prostituant leur probité intellectuelle sur l’autel de la vérité d’Etat.

Bref, il est un devoir pour tout homme libre de ne pas les respecter car elles sont intolérables. C’est l’éthique même de l’historien que de ne pas prendre pour argent comptant les fables que racontent les vainqueurs soucieux de réécrire le passé à leur convenance. Il est de l’éthique même du chercheur que d’être révisionniste, que ce soit pour des faits s’étant déroulés il y a quelque temps seulement ou il y a plus de deux mille ans, s’il y a de bonnes raisons de le faire, et quels que soient les intérêts que cela perturbe, les susceptibilités que cela froisse ou la paix sociale que cela met à mal. Tout historien qui se respecte sait que les victimes larmoyantes sont à traiter avec la même distance que les soi-disant bourreaux, qu’il lui faut regarder les faits et douter sans cesse, qu’il doit étudier les documents avec une suspicion sans faille et un esprit critique aiguisé à en prendre le risque de faire mal. Tous les pseudo-historiens français qui ont accepté que le Parlement leur dicte la Vérité historique ne sont que des minables avortons donc on ne peut qu’avoir pitié. Il n’est pas question de leur ressembler.

Créon — Et tu as l’audace de transgresser mes lois ?

Antigone — C’est que Zeus ne les a point faites…
La Justice qui siège parmi les dieux souterrains
n’a pas établi de telles lois pour les mortels.
Et je ne pensais pas que ton décret
pût mettre la volonté d’un homme
au-dessus de l’ordre des dieux,
au-dessus de ces lois qui ne sont pas écrites
et que rien ne peut ébranler.
Car elles ne sont ni d’aujourd’hui ni d’hier.
Nul ne sait leur commencement,
Elles régissent l’éternité…

Sophocle, Antigone

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Articles sur Openedition Journals

  • ADJEMIAN Boris, « Le débat inachevé des historiens français sur les « lois mémorielles » et la pénalisation du négationnisme : retour sur une décennie de controverse », Revue arménienne des questions contemporaines [En ligne], 15 | 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 29 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/eac/416 ; DOI : 10.4000/eac.416
  • CHRETIEN Jean-Pierre, « Le droit à la recherche sur les génocides et sur les négationnismes », Revue arménienne des questions contemporaines [Online], 15 | 2012, Online since 01 December 2014, connection on 29 December 2017. URL : http://journals.openedition.org/eac/463
  • FOIRRY Anne-Chloé , « Lois mémorielles, normativité et liberté d’expression dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Un équilibre complexe et des évolutions possibles », Pouvoirs, 2012/4 (n° 143), p. 141-156. DOI : 10.3917/pouv.143.0141. URL : https://www.cairn.info/revue-pouvoirs-2012-4-page-141.htm
  • GARIBIAN Sévane, « Droit, histoire, mémoire. Le négationnisme : exercice d’une liberté ou violation d’un droit ? », Revue arménienne des questions contemporaines [Online], 15 | 2012, Online since 01 December 2014, connection on 29 December 2017. URL : http://journals.openedition.org/eac/438 ; DOI : 10.4000/eac.438
  • HOCHMANN Thomas, « Le problème des lois dites « mémorielles » sera-t-il résolu par les résolutions ? La référence à l’article 34-1 de la Constitution dans le discours contemporain sur les relations entre le Parlement et l’histoire », Droit et cultures [En ligne], 66 | 2013-2, mis en ligne le 16 janvier 2014, consulté le 29 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/droitcultures/3127
  • KALISKY Aurélia, « D’un savoir en crise à un savoir indiscipliné », Études arméniennes contemporaines [Online], 5 | 2015, Online since 15 July 2015, connection on 29 December 2017. URL : http://journals.openedition.org/eac/772 ; DOI : 10.4000/eac.772
  • MANCERON Gilles, « Sur quelles bases aborder le débat sur la loi, la mémoire et l’histoire ? », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], #09 | 2009, mis en ligne le 25 novembre 2011, consulté le 29 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/traces/4307 ; DOI : 10.4000/traces.4307
  • NOIRIEL Gérard, « De l’histoire-mémoire aux “lois mémorielles” », Revue arménienne des questions contemporaines [En ligne], 15 | 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 28 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/eac/433 ; DOI : 10.4000/eac.433