Il y a quelque temps, je suis tombé par hasard sur cet article du 26 août 2015 du Huffington Post : « Le traumatisme de la Shoah se transmet génétiquement, selon une étude scientifique ».

On y apprend donc qu’« une étude » vient rien de moins que « prouver qu’on pouvait transmettre un traumatisme à ses enfants. »

Jusque-là, même si quiconque est un rien intelligent sait sainement douter de ces soi-disant études spectaculaires que déversent les journaux, pourquoi pas.

Ce qui est plus douteux est que l’« expérience » menant à cette vérité p-r-o-u-v-é-e « a été menée par des chercheurs du Mount Sinai Hospital de New-York », dirigés par Rachel Yehuda, sur des survivants de la Seconde Guerre Mondiale, qui ont connu les camps de concentration en Allemagne, à l’époque … et aucune autre population.

Ainsi « les scientifiques » (tous juifs ?), « ont réussi à prouver » (puisqu’on te le dit, obscurantiste hargneux !!!) « la thèse de “l’hérédité épigénétique” : l’idée que des éléments environnementaux comme le tabagisme, l’alimentation et le stress peuvent affecter les gènes de nos enfants. » Pourtant, cet article nous dit bien que « cette théorie » est « très controversée », qui « indique que la transmission ne se fait plus uniquement par les gènes contenus dans l’ADN mais aussi grâce à des marqueurs chimiques qui se fixent dessus, ces derniers [opérant] ou non une transformation sur les gènes. » Joanna Thevenot, rédactrice de l’article, rajoute : « selon The Guardian, des tests avaient déjà été pratiqués sur des souris par l’Université Emory à Atlanta », où une « deuxième génération de rongeurs avait hérité d’une crainte similaire » au traumatisme éprouvé par une première génération « sans même avoir subi le processus d’apprentissage. » Le grand apport de l’équipe de Mme Yehuda aurait donc été d’avoir montré « « la première démonstration d’une transmission d’effets de stress » chez l’humain. »

Outre l’aspect communautaire aussi risible que malheureusement typique chez un peuple « sûr de lui-même et dominateur » (respect au général) 1, on ne pourra donc que se demander, au-delà de la qualité de l’étude qu’il ne me revient pas de commenter ou de juger, à quelle fin politique elle sert puisqu’elle est si visiblement ciblée. 2 Y aura-t-il une seconde étude surprouvée, montrant que les juifs ont un ADN différent des autres simples hommes, une plus grande sensibilité et qu’ils se transmettent plus facilement leurs traumatismes, comme on peut bien penser que les soucis mentaux que décrivait l’agent du B’nai B’rith Sigmund Freud, et qu’il a réussi, le gentil Dr. Knock, à universaliser pour que tout le monde se sente malade et aille payer sa clique de charlatans ? Qui sait ?, je me suis laissé dire par le Rav Dynovisz qu’il y avait des non-humains dans l’humanité :

Donc, voilà. Je ne sais que penser de cette version kasher de la théorie des reptiliens, développée ici par ce Rav 3, même si je sais que la loi de mon pays entérine bien des degrés d’humanité parmi les citoyens puisque certains meurtres sont des « crimes contre l’humanité » et d’autres, bon, juste de la délinquance et que c’est un peu plus grave de défenestrer une voisine si c’est une femme juive, que de simplement condamner l’acte parce que c’est une personne et que tuer est interdit. Sans qu’on nous dise si c’est encore plus grave de tuer une femme juive si elle est noire et lesbienne ou si la femme musulmane voilée intégriste, ça peut passer. Bref, est-ce comme au Scrabble avec des victimes qui comptent triple ou quadruple, et des peines qui varient selon l’identité du meurtrier, comme par exemple notre même femme juive noir lesbienne et lectrice de Libération, peut tuer un homme musulman qui vote Front national qui ne compte pour rien… puisqu’on est dans la pseudoscience rigolote et les histoires adamiques, pourquoi pas de la justice non plus à deux vitesses mais comme des autoroutes à plusieurs voies… on demandera à la LICRA, qui distingue le racisme et l’antisémitisme4 (pour faire une fixette obsessionnelle sur le deuxième et oublier le premier…) de dépenser l’argent du contribuable autrement qu’en jouant la flicaille de la pensée et de nous pondre une loi, ça nous changera de celles directement sorties toutes chaudes démoulées des loges maçonniques !

Allez, redevenons sérieux, car la suite est moins drôle. En effet, cet article de l’Huffmachin aurait pu être oublié pour n’être qu’une ânerie de plus parmi celles qu’on croise par dizaines sur Internet, un vague délire d’un autre continent, je retrouve l’info sur (levez-vous, mettez-vous droit, ayez des palpitations et mettez des lunettes car ça va briller) sur France Culture – les gens qui savent et vous éclairent, bande de plébéiens ignorants, infâmes et sans dents –, dans un compte-rendu relatant que l’université française (orgasme) valide dans une « journée d’étude pluridisciplinaire », en gros, le lamarckisme sélectif dont serait victime les anciens déportés. Certes, France Culture n’insiste pas sur l’esbroufe scientifique et l’emberlificouillonnasionade sur l’ADN tout droit sortie d’une explication sur les mutants dans un film de X-Men, mais le glisse à la fin, comme une petite quenelle à l’intelligence, le mêlant à cette commémoréflexion tellement suppurant de citoyenneté qu’on pourrait vous délivrer votre certificat de pureté idéologique à la sortie, au milieu des sanglots bien longs des violons de la mémoire – et ne manque plus que la petite fille en rouge de Spielberg qui, plus habile que Jésus, ressuscite des milliers de fois pour qu’on la pleure à chaque fois, pour que le culte mémoriel soit parfait :

Et là quiconque se souvient de cette autre ânerie profonde du XXe siècle, celle du Lyssenkisme, en Union Soviétique, qui anthropomorphisait la nature en lui prêtant un comportement socialiste5, sûrement prouvée et tout et tout dans la presse soviétique d’alors et par un joli parterre de savants diplômés et croulant sous leurs appareils critiques ; quiconque se souvient de la façon dont l’université chinoise était libre et méthodique sous l’ère maoïste, et comment elle l’est encore, d’ailleurs, qui ne se laisse dicter ses lois par aucun pouvoir ; quiconque à de la mémoire, de la bien utilisée, se dit que si l’Homme reste un Homme où qu’il naisse et quelle que soit l’époque à laquelle il naisse, il y a fort à penser que ce qui n’est qu’une théorie arrivant providentiellement à point, peut tout à fait devenir une réalité ultraprouvée et rendue incontestable par le Parlement – loi réprimant sa contestation à l’appui – dès que les derniers survivants de la guerre 6 seront décédés, histoire qu’on ait encore à payer aux victimes éternelles souffrant encore dans leurs gênes à jamais.

Aussi la France comme l’Allemagne peuvent trembler. On risque encore de les rançonner pour l’humiliation des camps de concentration allemands et les trains français, en prétextant que les petits-enfants et arrière-petits-enfants d’un crime contre eux, l’humanité (ou la Surhumanité choisie par Dieu lui-même en personne, pour régner sur les autres « humains …trop humains » ou sous-humains ?), en sont encore des victimes au premier degré puisqu’ils revivent la Shoah™ sans cesse dans leur génétique. Et qu’on paye encore, donc.

Maintenant que le larbin Chirac a ouvert la boite de Pandore, on en prend encore pour cent ans de racket, de haine et de victimisation grotesque et mensongère ?

L’article au complet au cas où ils auraient honte et l’effaceraient…

En attendant d’avoir la réponse, rions :

Photo d’entête : “Mendiante” par Richard Vignola.

  1. On ne saura jamais via ce sommet de la science, si les noirs victimes de ségrégation aux USA, d’hier et aujourd’hui, si les rescapés du génocide tutsis, d’épurations ethniques en ex-Yougoslavie, de bombardements américains dans le Moyen-Orient, voire de petits Palestiniens nés dans la peur de se faire éclater les jambes par « l’armée la plus morale du monde », Tsahal, selon la formule à 100 points de chutzpah de l’inénarrable sayan Meyer Habib, et bien d’autres encore, les latinos qui vivent des régimes mafieux et sont à la merci des gangs, ou des Indiens d’Amérique, ou… mince la liste est longue ! …montrent eux aussi une telle transmission ; il est tellement plus important d’étudier les victimes d’une guerre vieille de 70 ans qu’il ne faut surtout pas oublier une minute, de peur que ne se tarisse les larmes et le tiroir-caisse !
  2. Du moins comme le présente l’article, puisque la “Shoah”™ est mis en avant dès le titre, semblant plus important que la découverte scientifique de l’équipe de chercheurs. En effet ce ne sont pas les traumatismes qui se transmettent, mais la Shoah™ spécifiquement qui se transmet, le choix de cette réduction est tout sauf neutre, même s’il se peut que ce quoi un coup éditorial de la journaliste ou de sa rédaction qui sait que l’événement historique est choc et vendeur.
  3. Que j’aime particulièrement suivre bien que mon prépuce soit bien en place, pour sa franchise et son énergie, qui tranchent avec la mollesse d’un Attali ou les pâles tentative d’imitation de Cyrano Bergerac par le petit marquis bostulesque qui n’arrive à incarner aucun autre personnage qu’un vieux beau à chemise blanche et vous nous faire croire toujours et encore à ces sornettes humanitaires et philosophiques.
  4. L’un condamne la discrimination sur la base de couleur de peau et le second sur la religion ? Donc l’antichristianisme et les discours antimusulmans, pour eux c’est permis ? Pour la LIgue attaquant les COUpables de Discriminations ça ne suffit pas ? (Oui, je sais que l’acronyme ne fonctionne pas, mais si le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France donne CRIF, je fais aussi ce que je veux !)
  5. Enfin, sans nous dire la nature est marxienne, léniniste, staliniste et si elle crie sa minute de la haine régulièrement contre Trotsky : cette lacune dans la théorie !
  6. Juifs, cela va sans dire, les survivants d’autres catégories de victimes, ils s’en foutent bien comme de l’an 40 !

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