Lors de ma lecture du livre de Laurent Guyénot, Du Yahvisme au Sionisme, paru en 2016 chez Kontre Kulture, j’ai noté cet intéressant passage :

A l’époque de Moïse, […] les peuples [des rois de Heshbôn et de Bashân], furent « totalement détruits, les hommes, les femmes et les enfants sans rien laisser échapper, sauf le bétail, qui fut notre butin » (Deutéronome, 2,34-35; 3, 6-7).
Ce n’est rien comparé au sort réservé par David à la ville de Rabba : « il fit sortir les habitants, et il les mit en pièces avec des scies, des herses de fer et des haches”, après quoi « il les fit passer par des fours à briques » (1 Chroniques 20,3 et 2 Samuel 12,31, traduction Louis Second, 1910). Cet épisode qui fait de David l’inventeur des fours crématoires, a été falsifié dans les traductions postérieures à la Seconde Guerre Mondiale ; on lit aujourd’hui dans la Bible de Jérusalem (1956) que David mit la population « à manier la scie, les pics ou les haches de fer et l’employa au travail des briques – situation improbable puisque de tels « outils » n’ont jamais servi à fabriquer des briques, mais constituent des armes redoutables [p. 58]

En allant vérifier les dires de Laurent Guyénot sur Internet, j’ai trouvé le site topbible.topchretien.com qui donne plusieurs versions des livres fondamentaux des  Juifs et des Chrétiens depuis des siècles – bien qu’on puisse légitimement critiquer le fait de considérer l’Ancien Testament comme un recueil de textes chrétiens – et notamment le passage 2 Samuel 12, v. 31. En voici les différentes versions :

  • Ostervald (XVIIIème) : « Et il fit sortir le peuple qui était [à Rabba], et le mit sous des scies, sous des herses de fer et sous des haches de fer, et les fit passer par un four à briques ; il en fit ainsi à toutes les villes des enfants d’Ammon.”
  • Martin (XVIIIème) : « [David] emmena aussi le peuple qui était [à Rabba], et le mit sous des scies, et sous des herses de fer, et sous des haches de fer, et il les fit passer par un fourneau où l’on cuit les briques ; il en fit ainsi à toutes les villes des enfants de Hammon.”
  • Louis Second, 1910 : ”[David] fit sortir les habitants [de Rabba], et il les plaça sous des scies, des herses de fer et des haches de fer, et les fit passer par des fours à briques ; il traita de même toutes les villes des fils d’Ammon. »
  • Louis Second 21 (2007) : ?[David] déporta [l]es habitants [de Rabba] et les affecta au maniement des scies, des pics de fer et des haches de fer, ou encore les fit travailler au moule à briques. Il traita de la même manière toutes les villes des Ammonites.?
  • Parole de Vie, 2000 : « David déporte les habitants et il leur fait faire certains travaux : scier et tailler les pierres, abattre des arbres, fabriquer des briques. David traite de la même façon toutes les autres villes des Ammonites.”

Si on en croit donc l’auteur et à la vue de ses différentes traductions, on constate qu’il y a eu falsification de ce passage pour cacher que les premiers auteurs de génocide sont les Hébreux, poussés par leur dieu tribal sociopathe. Dans une inversion typique d’inversion de la vérité et d’inversion accusatoire, ceux-là même qui rappellent à qui veut l’entendre – et même aux autres – qu’ils sont les Victimes Absolues du plus grand génocide, s’arrogeant au passage le monopole de la souffrance, en se faisant passer pour l’humanité entière puisque le crime contre l’humanité a été inventé à Nuremberg au service de leur propagande, ne sont donc autres que les inventeurs de cette barbarie répugnante.

On peut même aller plus loin et penser que Hitler, dont l’ascension fulgurante et les réseaux qui l’ont financés restent toujours assez opaques, alors qu’il voulait isoler les Juifs de la société puis les déporter et non les exterminer, a été accusé, après la Seconde Guerre Mondiale, par les vainqueurs, d’avoir voulu commettre un génocide (sans avoir laissé d’ordre écrit, cependant, ce qui est contraire à ses habitudes), pour en faire un anti-Juif au service des Juifs, marionnette de l’Histoire au service du plan sioniste, et que la Synagogue s’est créé un adversaire, au risque de laisser des martyrs de leur peuple dans des camps où les conditions d’hygiène et de travail mettaient leur vie en péril, afin de créer leur colonie belliqueuse qui empoisonne aujourd’hui les relations internationales. David et ses ouailles, ou Abraham et sa descendance, se trouvant fallacieusement dès lors lavé du crime de génocide, on oublie qu’ils auraient déporté les villes des Ammonites et on fait de l’Allemagne le premier et grand génocideur, réécrivant l’Histoire une fois de plus. Et si Hitler est tout noir, sa noircir blanchit les Juifs, ses faux adversaires qui l’ont créé et manipulé pour qu’il serve leur plan en croyant œuvré pour le projet raciste de son peuple d’Aryens… Heureusement certaines personnes ont compris cette manipulation comme le livre Les Bienveillantes le révèle, grâce aux passes-droits qu’offre la fiction lorsqu’elle fait parler des personnages et qu’elle permet ainsi de dédouaner l’auteur du texte, que les Juifs et les Nazis sont des frères jumeaux.

Photo d’entête : “Now nameless” par Blake Lennon

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