Entretien avec Alain Laurent

Cet entretien a été réalisé à Paris, en 2009, en compagnie de Damien Theillier.

Alain Laurent, après une carrière d’enseignant comme professeur de philosophie et la publication d’un grand nombre de livres d’histoire des idées et en particulier d’histoire du libéralisme, vous vous consacrez à l’édition comme directeur de la collection « Les Classiques de la Liberté », aux Belles Lettres. La rentrée littéraire se prépare dès maintenant. Quels sont vos projets éditoriaux ?

A la rentrée, nous publions Au delà de l’offre et de la demande de Wilhelm Röpke, le penseur de l’économie sociale de marché, dont on reparle à nouveau. Il passe pour un libéral de gauche, pour un social libéral, ce qu’il n’est pas du tout. C’est quelqu’un qui s’en prend violemment à l’Etat-Providence, au collectivisme et qui dénonce le socialisme fiscal : c’est ravageur ! L’un de mes grands plaisirs intellectuels est de travailler à front renversé, de prendre l’idéologie dominante à revers. Vincent Valentin, qui prépare avec moi une anthologie exhaustive des textes libéraux, vient ainsi de préfacer dans la Bibliothèque Classique de la Liberté un volume de Proudhon qui en révèle la dimension et l’évolution libérales. Il fait un tabac, et j’observe que les seuls qui en ont dit du bien de ce livre, ce sont l’Humanité, le Monde (une demi-page !) et dernièrement Jacques Julliard, dans le Nouvel-Observateur, qui y a consacré son éditorial en disant que c’est le livre qui sauve l’honneur de l’édition française ! J’attends qu’à droite, Valeurs Actuelles, Le Figaro, Le Figaro Magazine et Le Point fassent la même chose. Paradoxalement le principal soutien quand j’ai, quand je publie quelque chose dans ma Collection, vient du Monde des Livres. Ils ont fait une demi-page sur Ayn Rand (La Vertu d’égoïsme), ils ont signalé la sortie des Essais de Hayek, alors que tous les autres journaux se sont abstenus de le faire. Souvent ce sont des idées dont on s’attend à ce qu’elles soient bien accueillies à droite. Mais la droite française est dans un tel état… Elle s’est convertie depuis longtemps aux mots d’ordre de la bien-pensance anti-libérale. Elle est étatiste, jacobine et elle a souvent laissé la gauche occuper le terrain des idées. Il n’y a presque aucun soutien à attendre de ce côté-là. Par contre, j’ai au moins trois ou quatre volumes qui ont trouvé leur meilleur soutien dans le magazine Alternatives Economiques : c’est dire ! Quand j’ai publié mon livre précédent : Le libéralisme américain, Alternatives Economiques en a fait une bonne recension jusqu’au moment où l’auteur de l’article a conclu en disant : « dommage que l’auteur soit totalement aveugle aux méfaits du laissez-faire ». Et le livre a même été proposé à la vente sur leur site ! Je n’ai jamais vu un journal de droite faire cela… Vincent Valentin, qui a été interviewé par le Monde des Livres, me disait que la collection avait déjà été bien identifiée. Ils savent que je suis un libéral mais, malgré tout, ils font rigoureusement leur travail. Ce que je souhaite c’est que tous les ouvrages de notre collection, qui sont beaucoup plus libéraux, bénéficient de la même attention!

Aux Belles Lettres, avez-vous d’autres projets ?

En janvier 2010, sortira L’Industrie et la morale considérées relativement à la liberté (1825) de Charles Dunoyer. Ce livre n’a jamais été publié depuis bientôt 200 ans. Il y a un autre projet qui est en cours de réalisation : Du commerce et du gouvernement considérés relativement l’un à l’autre (1776) de Condillac qui est vraiment la bible de l’économie de marché intégrale. Autre projet : une anthologie des anarcho-individualistes français du début du 20e siècle. Ce sont des gens plutôt à gauche mais qui peu à peu, en tâtonnant, redécouvrent les vertus de la concurrence et donc du libre marché. Ils sont très peu connus et là il s’agit de pure érudition, mais qui va prendre toute la gauche à revers. Comme les gens de gauche passent leur temps à dire que le libéralisme ça n’est pas le prétendu « ultra-libéralisme », je leur prends des auteurs censés être à gauche pour dire : « voilà des hommes qui avaient réellement des aspects libéraux et vous n’y comprenez rien. » Et comme des textes le prouvent, ça leur cloue le bec ! Sinon, pour remettre les idées en place au sujet du libéralisme, sont en cours de réalisation un Dictionnaire du libéralisme préparé par Mathieu Laine (et multiples contributeurs) pour les Editions Larousse, à paraître à la rentrée 2009 et une « Anthologie de la pensée libérale » que je prépare avec Vincent Valentin pour la collection « Bouquins » chez les Editions Robert Laffont, à paraître au début de 2011.

Quels sont vos critères de choix pour réaliser une sélection de textes dans un corpus aussi vaste ?

Notre anthologie part du 17ème siècle, avec l’ambition d’être aussi exhaustive que possible, ce qui fait un nombre incroyable de textes et d’auteurs ! Parfois on est obligé de sacrifier des auteurs à cause de redondances. Par exemple, faire un choix entre Dupont de Nemours et Quesnay pour le renvoi au « droit naturel ». Il y aura aussi des quasi-inédits au sens où ils n’ont jamais été republiés depuis un siècle et demi: Boisguilbert, Condillac, Dunoyer… C’est l’une des choses des plus passionnantes que j’ai faite…

Alain Laurent, vous venez de publier un livre aux Belles Lettres qui dérange : La société ouverte et ses nouveaux ennemis. Ce livre dérange parce qu’il ose briser un tabou de la société française : le débat sur l’immigration et l’intégration de l’islam. Là aussi, vous prenez à revers tout le monde, y compris certains de vos amis libéraux qui ne s’attendaient pas à une telle charge contre l’islam non évolué et le communautarisme.

Il y a une certaine naïveté libérale dans ce domaine à croire que le dialogue et la tolérance entre gens de bonne compagnie, peuvent résoudre tous les problèmes, y compris les problèmes de fanatisme religieux, ou de terrorisme. D’abord, je n’ai pas écrit ce livre uniquement en tant que libéral. Le libéralisme n’est qu’un aspect de mon engagement intellectuel. Quand je mange, je bois, je dors, ce n’est pas en tant que libéral. J’ai écrit un livre de résistance, un peu comme au temps de La route de la servitude de Hayek, quand il fallait faire barrage au fascisme et au communisme. Or les libéraux en France sont souvent focalisés sur le marché sans voir qu’il y a d’autres problèmes, comme les problèmes posés par l’islam ou par l’immigration, qui ne sont pas solubles dans le marché. Certains de mes amis libéraux ne sont pas loin de considérer que s’il y avait le libre marché, l’islam se dissoudrait dedans. Je pense exactement l’inverse. Les islamistes utilisent le libre marché pour arriver à leurs fins. Les musulmans les plus ouverts au libre marché sont parfois en même temps les plus réactionnaires et les plus rétrogrades sur le plan des mœurs. L’Arabie Saoudite est ouverte au libre marché, mais pas à la libre disposition de soi : c’est le règne du totalitarisme culturel. Comme le disait Revel, ce qui compte ce sont les faits et non les rêveries. Le libéralisme, ce n’est pas seulement la liberté du marché, c’est aussi la liberté de parole et de penser, la liberté de décider par soi-même la manière dont on entend vivre. L’un des facteurs essentiels d’une société ouverte, qui compte autant que le libre marché, c’est le free speech. Or le free speech est banni des pays islamistes. J’ai rencontré des musulmans américains du Minaret of Freedom. Mais chaque fois qu’on formulait une objection, ils rétorquaient qu’on ne comprenait pas les textes, censés d’avance répondre à tout. L’homologie avec les marxistes est totale. C’est le même système de pensée : la dénégation des faits, le recours à l’exégèse, l’incapacité à penser par soi-même. C’est par définition la pensée close selon Popper. Si le plus grand livre libéral du monde était le Coran, ça se saurait. Et surtout ça se verrait dans les faits ! Bien sûr il y a des musulmans évolués, qui souvent comprennent mieux les enjeux que des Occidentaux de souche, et c’est pourquoi j’ai dédié mon livre aux « musulmanes libres ».

Vous montrez dans votre livre que les démocraties occidentales ont une propension à la capitulation devant leurs nouveaux ennemis. Elles sont atteintes d’un syndrome masochiste qui les pousse à « aimer » de façon inconditionnelle ceux qui les haïssent. Diriez-vous que les pires ennemis de la société ouverte, ce sont ses ennemis intérieurs ?

Je considère en effet que les pires ennemis sont ceux à cause desquels les islamistes existent et peuvent s’installer ici : ceux que j’ai rangés sous les catégories de pseudo anti-racistes, d’immigrationnistes et de multiculturalistes relativistes. Leur coup de maître est qu’au lieu de rejeter la société ouverte, ils mobilisent avec véhémence les valeurs d’ « ouverture », à savoir les droits universels de l’homme, la tolérance, l’hospitalité, le pluralisme. Cette logique humaniste gauchisée interprétée de manière hyperextensive et hyperbolique pervertit les valeurs d’ouverture de la société ouverte. Et ceci se produit d’autant plus facilement qu’il existe dans la conscience politique française « un surmoi de gauche » selon la formule de Marc Fumaroli (et donc « un surmoi d’extrême gauche » pour la gauche) qui influence cette conscience et donc les décisions gouvernementales. Cette idéologie à prétentions « humanistes » tient le haut du pavé, et les armes de destruction morale massive qu’elle brandit sont d’une redoutable efficacité. En France, cette idéologie est devenue une idéologie nationale, au statut quasiment officiel : toute une nébuleuse d’associations défend les droits de l’homme et les « causes » humanitaires. Il y a un noyau dur, composé de la plupart des organisations syndicales, d’une fraction notable de la magistrature, de la grande majorité des enseignants, de l’etablishment intellectuel (avec les grandes administrations), de la presse et enfin des « people ». Ce vaste lobby idéologique du « sans-frontiérisme » et de la campagne anti-islamophobie est principalement de gauche mais pas exclusivement. Un libéral comme Guy Sorman est un chantre du multiculturalisme. Par contre des gens comme Pascal Bruckner, Robert Redeker ou Elisabeth Badinter se situent à gauche alors qu’ils tiennent des propos des plus critiques contre le multiculturalisme et le communautarisme.

Le front républicain peut-il constituer un rempart contre les « ennemis de la société ouverte » ?

Non car il y a aussi des républiques islamiques. Moi je suis républicain à la manière de Jefferson, pas à la manière des républicains actuels, chiraco-socialistes. La référence aux valeurs républicaines à la française empêche de prendre conscience que le problème est global, qu’il est à l’échelle de toutes les sociétés occidentales. Le problème de l’islamisme menace tout autant les sociétés danoise, néerlandaise ou américaine. L’islamisme, comme le communautarisme ou le multiculturalisme, sont des formes de collectivisme. Leur philosophie est anti-universaliste et anti-individualiste. Pour lui, tout homme né dans l’islam est fatalement destiné à le demeurer, en épousant aveuglément tous ses dogmes. C’est pour cela que j’ai choisi le concept de société ouverte. C’est le concept de société ouverte qui est le plus fédérateur, à la fois pour caractériser nos sociétés et pour montrer qu’au-delà des différences nationales, c’est une philosophie qui est en jeu et un ensemble d’acquis civilisationnels. On trouve très peu à droite de penseurs comme Robert Redeker. Ils se taisent car ils ont peur d’être critiqués par la gauche.

Mais ce compagnonnage avec la gauche républicaine n’est-il pas risqué ?

Beaucoup de gens de gauche restent prisonniers du prisme de la république française, qui est collectiviste et étatiste. Mais encore une fois, quand on écrit un livre comme le mien, c’est moins comme libéral au sens convenu que comme penseur attaché à toutes les formes de liberté. Or quand la maison brûle, toutes les personnes de bonne volonté qui sont là pour éteindre le feu sont les bienvenues, un peu comme pour la résistance au nazisme, il y avait des gaullistes, des libéraux, des gens de gauche. De plus, Pascal Bruckner ou Alain Finkielkraut ne sont en rien de dangereux étatistes. La pensée résistante est surtout le fait d’individualités qui raniment l’esprit de cette gauche anti-totalitaire qui a joué un si grand rôle dans la divulgation finale de l’imposture communiste dans les années 1975-1980. La caractéristique de ces esprits libres et réfractaires est qu’ils viennent pour un grand nombre d’entre eux de la gauche voire de l’extrême gauche, et entendent pour quelques-uns continuer à s’y situer, tout en s’insurgeant contre les trahisons de leur famille idéologique d’origine. Je pense par exemple à quelqu’un comme Jean-François Revel que j’ai bien connu et à qui je dois beaucoup. C’est pour moi une sorte de grand frère, et un libéral très vigoureux. Revel m’apparaît comme le père fondateur de cette nouvelle pensée de résistance et de réaffirmation du Droit contre les droits. Pour lui, les systèmes de pensée incluant, dans leur principe originel même, un projet de conquête universelle ont été le nazisme, le communisme et l’islam. Il a été un des premiers à dénoncer l’apparition d’un totalitarisme protéiforme, capable de resurgir dans une nouvelle incarnation initialement inoffensive et vertueuse. Ce n’est pas une pensée simplement polémiste, il s’agit d’une vraie philosophie politique dans laquelle Revel se pose en défenseur intransigeant de la société ouverte et en adversaire sans concession du totalitarisme sous toutes ses formes.

Quelles sont les idées-forces de cette philosophie ?

Il y a trois grandes idées-forces : la démocratie comme régime exclusivement fondé sur les individus disposant d’une pleine liberté de penser et de conscience, la laïcité comme indispensable principe démocratique de coexistence pacifique entre ces individus, et l’existence non moins nécessaire d’un Etat de droit tenu de faire respecter cette liberté et cette laïcité. Mais Revel jugeait que la démocratie incline à méconnaître, voire à nier les menaces dont elle est l’objet et qu’elle répugne à prendre les mesures propres à y répliquer.

Pour combattre les ennemis de la société ouverte, faut-il réinstaller une forme de clôture ? Faut-il, selon vous, établir des lignes de protection et lesquelles ?

Le corollaire obligé de l’ouverture est bien développé par Hayek. Pour lui, la consécration de la liberté individuelle et de la pluralité des fins a pour contrepartie et condition la reconnaissance effective par tous de la réciprocité, du respect mutuel de l’égalité des droits. Il faut donc des règles du jeu, des règles générales de droit commun pour protéger et renforcer l’exercice de la liberté individuelle. Sans cette infrastructure juridico-institutionnelle qui ajuste les libertés individuelles les unes aux autres, la société ouverte demeure sans consistance. Vivre en société ouverte ne signifie nullement le passage à une permissivité généralisée. Les sociétés ouvertes sont viables parce qu’on y fait d’abord confiance à la responsabilité individuelle des gens, et que ceux-ci adhèrent au bien-fondé des règles de juste conduite qu’on leur a appris à intérioriser. C’est pourquoi l’éducation familiale et scolaire joue un rôle fondamental dans cet apprentissage. Une société ouverte doit donc demeurer fermée à tout ce qui menace l’exercice des libertés individuelles.

Pensez-vous que la nation puisse constituer une forme de résistance à ce qui menace la société ouverte ? Les sociétés ouvertes doivent-elles rester des territoires délimités par des frontières ou encore des nations ?

La référence à la nation est à manier avec prudence. Je récuse la conception traditionnelle de type holiste, animiste et communautariste qui en fait une sorte de super-individu doté d’une « âme ». Il faut éliminer tout ce qui peut servir d’alibi au nationalisme comme aux nationalisations, ou de support à une « identité nationale » figée et culturellement protectionniste. Mais la nation demeure existentiellement indispensable et politiquement vitale. On n’efface pas d’un revers de main ce qui fait l’identité d’un peuple. Le libéralisme ou le libertarianisme, ce n’est pas une sorte de maoïsme à l’envers où l’on fait table rase du passé. Qu’il y ait quelques libertariens qui le défendent, je veux bien l’admettre. Mais bien des libertariens au sens large n’ont pas du tout ce point de vue là. Pour l’actuel chef de file des libertariens américains les plus radicaux, Hans Hermann Hoppe, le libre échange n’implique nullement la liberté de circulation, soumise au primat du droit de propriété. Or qui dit propriété dit nécessairement clôture, et légitime possibilité d’exclusion. Dans un pays libre, les citoyens sont les seuls maîtres de la décision d’accueillir ou pas quelqu’un. Il n’y a pas de droit à venir s’installer n’importe où. Les citoyens ont avant tout un droit souverain, celui de disposer démocratiquement d’eux-mêmes. C’est le sens véritable de la souveraineté nationale. Ils n’ont aucune obligation à s’adapter culturellement aux nouveaux-venus. Réciproquement un migrant n’a que deux droits : celui de ne pas être l’objet de violences, et aussi de ne pas être rejeté a priori à cause de sa « race », de ses origines ethniques, religieuses ou géographiques. Mais le migrant a d’abord des obligations vis à vis de cette société qui l’accueille : subvenir à ses propres besoins et ceux de sa famille, respecter intégralement les institutions et lois en vigueur, faire l’effort de s’adapter au contexte local.

A quelles conditions, les sociétés ouvertes peuvent-elles devenir aujourd’hui plus tolérantes et accueillantes à la diversité culturelle sans mettre en péril son existence même ?

A condition de mettre en œuvre des mesures concrètes pour appliquer les principes régulateurs de la société ouverte pour limiter la portée potentiellement destructrice de cette diversité :
– suppression des aides automatiquement accordées aux étrangers entrant illégalement dans une nation ouverte.
– expulsion sans états d’âme et manu militari si nécessaire des étrangers délinquants.
– suppression de toute subvention aux associations qui soutiennent l’islamisme et engagement automatique de poursuites contre les auteurs d’accusations abusives de racisme, xénophobie et islamophobie.
– révision du droit du sol, sans bien sûr instituer ou revenir à un droit du sang inhérent aux sociétés closes, mais en instituant un droit contractuel.
– abandon de toute mesure de « discrimination positive » sur des bases ne serait-ce qu’implicitement ethno-raciales ou religieuse.
– maintien intégral des principes de sécularité-laïcité et donc neutralité de l’Etat.

Et que faire contre une interprétation biaisée de la société ouverte (l’hyperouverture sans-frontiériste et multiculturaliste), qui refuse la fixation de limites régulatrices fermes et applicables ?

La stratégie employée par les ennemis de la société ouverte est la dissimulation des faits et la manipulation du langage. C’est comme cela qu’ils modifient la réalité et conditionnent les esprits. Il faut résister à cette violence par la vérité, avec les armes de la parole et de l’écriture. Et l’Internet est devenu aujourd’hui un puissant vecteur pour cette pensée de résistance. Concrètement, il me paraît important de lever le voile sur l’importance réelle des flux migratoires, sur les tendances à occulter le patronyme des auteurs d’agressions, de braquages ou de vandalisme provenant de « quartiers sensibles » ou la surdélinquance de bandes de « jeunes » observable en ces lieux. Il faut projeter une lumière crue sur les faits pour ouvrir les yeux à ceux qui ont délibérément choisi de se voiler la face.

Publié par

Santiago Pinault

Après avoir validé une maîtrise de philosophie à l'Université de Franche-Comté, finalisé avec un mémoire qui concernait « Le criticisme de F.A. Hayek à l'aune du projet The Abuse and Decline of Reason (1935-1952) », sous la direction de F. Brahami, j'ai suivi un Master Recherche de philosophie économique, diplôme proposé conjointement par ce qui était alors l'Université de Provence (sciences humaines) et l'Université Paul Cézanne (droit, économie et gestion) avant la fusion des trois universités des Bouches-du-Rhône. Mon mémoire de master, sous la direction de G. Campagnolo et J. Magnan de Bornier, portait sur Friedrich Hayek et Karl Polanyi et s'intitulait « Un essai d’étude de l’épistémè moderne à partir des perspectives croisées de F. A. Hayek et K. Polanyi ». Outre un passage par la Chine dans le cadre du projet européen LIBEAC, je termine désormais une thèse de philosophie sur Karl Polanyi, à l'Université d'Aix-Marseille (AMU), me servant de la richesse documentaire des archives numérisées et publiées sur Internet, en 2014, par l'Institut Karl Polanyi, pour proposer une lecture non-idéologique de l’œuvre de l'auteur. Je suis aussi membre du réseau philo-eco et de la Society for the Development of Austrian Economics.