Recension d’Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, de Nicolas Lecaussin

Nicolas Lecaussin en défenseur du capitalisme

Brice Couturier avait raison de rappeler sur son blog que « non, les libéraux ne se cachent pas sous la table ». Et surtout pas en ces temps où la crise tient lieu d’aubaine pour l’agitation politique des quelques épouvantails cajoleurs de service, et de chambre d’écho aux “second-hand dealers in ideas” dont parlait Hayek1, c’est-à-dire toute cette cour (qui promet) des miracles hantée par des bateleurs médiatiques, saltimbanquiers repentants ou autres rebelles se laissant glisser courageusement sur la pente généreuse du consensus, dont les médias sont friands, et qui sont le « ils » indifférencié auxquels l’ouvrage de Nicolas Lecaussin essaye d’apporter la contradiction. Ainsi, après le Post politique de Mathieu Laine2, c’est à cet ancien de l’iFRAP débarqué pour « sarkozysme trop tiède » (Marianne 2) mais toujours chaud pour défendre une liberté qu’il a connue bafouée dans sa jeunesse en Roumanie, de reprendre fièrement le flambeau de la défense d’un régime, le capitalisme, qui, bon gré mal gré, nous permet tous de vivre et a eu raison finalement de tous ceux qui vendaient sa peau avant de l’avoir vu mort, ou qui voulaient se l’acheter pour s’en faire une belle parure. Pas de peau, il résiste à tous ses détracteurs, et en 219 pages et trois parties, l’auteur nous explique pourquoi les individus l’ont dans la peau et pourquoi, serait-il caché dans sa tanière fusse pendant une parenthèse de 70 ans comme en ex-URSS, il existe peut-être depuis la nuit des temps et demeure increvable.3 Continuer la lecture de Recension d’Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, de Nicolas Lecaussin

  1. Dans son article « Les intellectuels et le socialisme » [1949]. []
  2. On rajoutera éventuellement L’argent des français de Jacques Marseille []
  3. Claude Bébéar craignait en 2003 qu’ils tuent le capitalisme, le « ils » étant ici les patrons immoraux, les spéculateurs inconscients, les banquiers d’affaire, etc. Notons que Lecaussin ne prête à son « ils » à lui que la volonté. Les paris sont ouverts pour deviner lequel des deux sera finalement le plus réaliste. []

Recension de La Société ouverte et ses nouveaux ennemis, d’Alain Laurent

La Société ouverte et ses nouveaux ennemis est un livre tendant à prouver que l’Histoire n’est pas finie, la fin de la Guerre Froide n’ayant pas laissé la place à la domination mondiale d’un ensemble de démocraties libérales apaisées et individualistes, dont les Etats s’en tiendraient au strict rôle d’arbitres entre individus et sociétés mis en accord par un droit supranational et un commerce mondialisé. Car le collectivisme a plus d’une ruse dans son sac d’histoires et une tête de l’hydre finit-elle par tomber sous le poids de ses contradictions, une autre réapparait sous un nouvel avatar.

S’inscrivant alors dans la filiation de Karl Popper ou Friedrich Hayek, qui tous deux avaient ressentis le besoin d’abandonner provisoirement leurs études épistémologiques et économiques pour accomplir ce qu’ils nommèrent leur « effort de guerre »1, Alain Laurent a ainsi lui aussi délaissé ses études sur la théorie du libéralisme2 pour se laisser entrainer dans la défense pratique de ses idées libérales. Fin 2008, il ne s’agit plus de combattre la philosophie politique héritée de Platon, des hégéliens, du positivisme, de l’historicisme ou encore l’Etat-Providence alors en voie de construction en Angleterre dans les années 40, mais d’accueillir, aux côtés des ennemis « classiques » de la société ouverte hantant tout le spectre politique allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, un nouvel ennemi bicéphale: Continuer la lecture de Recension de La Société ouverte et ses nouveaux ennemis, d’Alain Laurent

  1. Avec, respectivement, La Société ouverte et ses ennemis [1945] et La Route de la servitude [1944] []
  2. Les grands courants du libéralisme [1998], La philosophie libérale [2002], Le libéralisme américain : Histoire d’un détournement [2006] []