Emmanuel Macron et l’ouverture du pot de confiture

On entend ici où là, des commentateurs admiratifs de la rapidité du succès d’Emmanuel Macron, arrivé à se qualifier pour le deuxième tour de l’élection présidentielle française après un an de travail, entre le moment où il avait qu’ils allaient créer un mouvement politique1. Qu’on souligne son travail personnel lui ayant permis de s’imposer à tous ou bien l’habileté des faiseurs d’opinion et l’efficacité de quelques barons marionnettistes dans les alcôves discrètes de la République, qui ont réussi à créer un Golem aussi efficace, on ne tarit pas d’éloges après ce succès.

Cependant, Emmanuel Macron me rappelle surtout lorsque, dans mon enfance, mon grand-père s’amusait à me donner le pot de confiture pour que j’essaye de l’ouvrir. La prenant dans mes petites mains, je ne pouvais que constater mon incapacité d’arriver à tourner le couvercle. Il la reprenait alors dans les siennes et tournait le couvercle presque jusqu’à son ouverture puis, feignant la fatigue, me le rendait, dépité, pour voir si ma force pouvait tout de même le suppléer …et afin que je puisse terminer le travail avec des yeux pétillants et un rien fier d’avoir réussi à faire ce que n’avait pu réaliser cet adulte. Il s’extasiait devant ma force, je faisais semblant de ne pas avoir vu son petit jeu et nous riions, complices. Continuer la lecture de Emmanuel Macron et l’ouverture du pot de confiture

  1. « J’ai mis du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté, j’ai associé beaucoup de gens et j’ai décidé qu’on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche », annonçait E. Macron (Capital, 06/04/2016), l’homme qui décide pour les autres et leur demande de le suivre dans un mouvement pharaonique à ses initiales, “En Marche !”, où il sera évidement la pointe de la pyramide. []