« Au-delà des préjugés, le libéralisme éclairé par son histoire » : compte-rendu d’une conférence de Philippe Nemo

Une grosse centaine de personnes, dont principalement des étudiants, s’était réunie mercredi 24 février 2010 dans un amphithéâtre de l’Université d’Aix-Marseille (III), à l’appel de la Nouvelle voie1 pour écouter Philippe Nemo venu parler de l’histoire du libéralisme afin de dissiper quelques préjugés à son encontre.
Après une très courte présentation par son hôte du jour, le conférencier débuta donc son propos par quelques préambules sur les charmes de la région d’Aix-en-Provence, les facultés de droit et d’économie si chères à son cœur pour leur résistance face à la « pensée unique » et ses passages annuels aux Universités d’été des nouveaux économistes qui y sont organisées par l’ALEPS depuis 19782. Malheureusement, entrainé une irrépressible envie d’en découdre avec la « gauche » — qui, depuis 1981, tient en France l’ensemble des médias3, la culture4, l’Education Nationale5 et a fait basculer l’ensemble du pays de son côté de sorte que lui-même, modéré (« blairiste » critique et immobile, se trouve rejeté à droite (voire pour certains, à l’extrême-droite), tout en restant à l’écart du « délire collectif » à l’œuvre depuis — a largement empiété sur la partie véritablement historique et plus universitaire de son propos, menacée par le temps et le couperet d’un appariteur ayant pour mission de déloger tout ce beau monde une heure et demi après le début de la rencontre. Il put néanmoins rappeler quelques évidences au sujet du libéralisme, doctrine européenne6, comme l’atteste le très riche travail effectué en 2006 avec la publication, sous sa direction, de l’Histoire du libéralisme en Europe, et ce afin de montrer que le libéralisme n’est pas une doctrine anglo-saxonne que seuls des Thatcher ou des Reagan pourraient mettre en œuvre dans leur pays respectifs, mais que toute une tradition libérale, d’abord française (comme avec Boisguilbert), mais aussi italienne, allemande ou ibérique avait fourni à ce courant de pensée, à l’aube des Temps modernes, ses fondements et une histoire internationale. Continuer la lecture de « Au-delà des préjugés, le libéralisme éclairé par son histoire » : compte-rendu d’une conférence de Philippe Nemo

  1. Une toute jeune association libérale qui fait ses premiers pas en beauté avec l’organisation de cette conférence []
  2. Quelques souvenirs de 2008 en photo []
  3. Y compris lorsque TF1 fut privatisée, avec l’obligation d’instaurer comme responsable de l’information Michèle Cotta, « socialiste notoire », sans parler des pratiques du syndicat CGT du livre et du système de financement des journaux en France []
  4. Mitterrand a redistribué les postes aux Serge July et consorts pour leur retourner l’ascenseur après sa victoire politique []
  5. Les « barbares » de la même trempe que ceux qui ont envahi l’Occident pour quelques siècles après la chute de l’Empire romain, tous ces « ignorants », travaillent dans les ministères et font le « catéchisme » aux enfants de la maternelle à la fac, et ce y compris dans l’école privée puisque c’est la condition sine qua non pour recevoir les subventions []
  6. Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu prononcé le mot Occident une seule fois ce soir-là… Etait-ce pour se calquer sur le discours des jeunes gens qui l’invitaient ? Y a-t-il une évolution du penseur qui prétendait en 2004 nous définir ce qu’est l’Occident, une évolution sémantique considérant totale la synonymie entre Europe et Occident ou stratégique puisque défendre le projet « européen » est plus vendeur que de défendre un projet civilisationnel occidental vite taxable d’ethnocentrisme ? []