Un fauteuil pour deux (Trading places) est une comédie réalisée aux Etats-Unis d’Amérique par John Landis, écrite par Timothy Harris et Herschel Weingrod et produite par Aaron Russo, tout juste un siècle après la publication de “Le Prince et Le Pauvre” de Mark Twain, dont elle est l’adaptation moderne.

L’histoire est simple et efficace : à leur insu, le gérant d’une entreprise de boursicotage bien installé, blanc, et un petit escroc de rue, noir, font l’objet d’un pari pour un dollar symbolique réalisé par deux frères, patrons de l’entreprise qui dirige le premier. Leur question est philosophique, il s’agit de savoir si la réussite ou l’échec sociale d’un homme (selon le critère financier qui est le-leur) est dû à l’environnement social protecteur (l’acquis) ou à ses compétences individuelles et innées.1 S’arrangeant pour ruiner le premier, ils mettent vite le deuxième à sa place et celui-ci avec toupet et chance, réussit à la prendre totalement au point de devenir riche et totalement adapté à ce nouvel environnement social. Au contraire, l’homme accusé à tort, déchu et ruiné serait sans doute mort s’il n’avait pas été recueilli par une prostituée payée pour lui nuire, et qui, prise de remord, se décide à l’aider. Seulement, découvrant par hasard qu’il a été l’objet d’un pari odieux de la part des deux richissimes hommes d’affaires et membres de l’oligarchie méprisante et esclavagiste, l’ex-pauvre ou nouveau riche, retrouve celui dont il a pris la place, et avec quelque complicité ils peuvent mettre sur un pied une vengeance : lancer une fausse information pour faire chuter les cours de la bourse, acheter des actions à bas prix, et faire fortune en les revendant quand les cours sont redevenus au plus haut, prenant le Système par ses propres couilles. Le film se termine sur des images les montrant au milieu de plaisirs matérialistes, jouissant du mauvais tour qu’ils ont fait.

Evidemment toute ressemblance avec des faits et des personnes connues ne saurait être fortuite. On ne saurait ne pas penser à la capacité qu’ont des Rockefeller ou des Rothschild, des Morgan ou autres membres de l’oligarchie mondiale que n’hésitait pas à dénoncer Aaron Russo, de lancer des personnages inventés de toute pièce2, le plus récent pour les Français étant l’employé de Rothschild Macron, lancé par les intermédiaires Minc et Attali, et annoncé président avant-même qu’il le soit par Attali3 Dans le film, il s’agit donc d’un processus accéléré puisque le jeune élu ne se forme pas durant des années dans les antichambres du Pouvoir, le CFR, le groupe Bildberger, la Trilatérale, etc. et les postes secondaires qui sont comme autant de tamis où on peut voir qui fera le mieux le travail et où on a le temps de mouiller qui on veut pour le tenir et le faire monter dans la hiérarchie des exécutants, prêt à le lancer quand la situation est aussi mure que la marionnette façonnée. Magie du cinéma, non seulement Rockefeller et Rothschild mettent directement la main à la pâte à modeler pour former leur Golem social et l’initiation de celui-ci se passe en quelques jours : bah oui !, c’est du cinéma, on n’avait pas dix heures pour traiter le sujet en temps réel.

Chacun verra comme il veut la fin. Les partisans du verre à moitié plein, verront que les marionnettes sont capables de se rebeller et de prendre le Système à son propre jeu pour prendre à leur tour la place de leurs anciens maîtres. Pensons à la famille Bush qui, après avoir fait fortune grâce à des magouilles du même genre dans les années 1930 bénéficiant de délit d’initié ou à George Soros, qui a lui aussi fait sa fortune via des manipulations de cours monétaires en attaquant la Grande-Bretagne. Cette fin équivaudrait à trouver un progrès qu’au lieu d’être tenu toujours plus, les Bush et Soros prennent la place de Rockefeller et Rothschild, dont la famille a fait sa fortune au XIXème siècle grâce aux même fausses informations lancées à Londres, quant à une fausse victoire de Napoléon. Ceux qui verront le verre à moitié vide, se diront que si les anciens esclaves se lient contre les maitres pour prendre simplement leur place sans changer totalement le Système dont ils ont été les jouets, cela ne change rien pour les actuels esclaves. Qui au contraire, tels des Africains face à leur dictateur-marionnette maçonne de l’Occident, se dise que s’il a déjà volé tout ce qu’il pouvait et arrosé ses amis, peut-être que ça va commencer un peu à ruisseler vers eux, et que tout changement pour mettre un nouveau voleur à la tête de l’Etat relancé un cycle de prédation. Autant donc garder le maître en place et se faire le plus conservateur possible.

A chacun de voir s’il croit à la possibilité d’un nouveau monde possible sans guerre des réseaux s’affrontant pour vivre sur le dos des autres, qui s’affranchirait de la finance à la faveur d’autres coordinations catallaxiques, ou s’il pense que l’Histoire n’est que le déploiement de la violence sous toutes ses formes physiques, symboliques, institutionnelles envisageables, et qu’il faut, pour les plus faibles, essayer de trouver l’équilibre dans lequel ils souffrent le moins.

Photo d’entête : « UNIMA » par Daniel Lobo.

  1. Le fait que l’un soit blanc et l’autre noir, ne me parait important que par le fait qu’il complique encore la tâche de celui qui croit à la prédominance, dès lors qu’en plus de son incompétence le noir aura en plus à se défaire d’éventuels préjugés racistes. Mais il aurait pu être homosexuel, femme, catholique ou handicapé dans un univers différent et intolérant que l’idée reste la même et transposable dans d’autres cas que l’Amérique du Nord raciste et sortie depuis peu d’un régime d’apartheid.
  2. On peut faire ici un lien avec Les arcanes du chaos de Maxime Chattam, où celui-ci, de manière un peu grotesque cependant, imagine que des riches s’amuse à créer des événements de toute pièce… On peut donc comparer une œuvre qui sert à révéler certaines choses d’une autre qui fait semblant de le faire pour mieux brouiller les pistes…
  3. Qui a déjà annoncé connaître son successeur, révélant que ce sera une femme, ce qui parait hasardeux en sachant que la même équipe a déjà échoué avec Ségolène Royal, et que la défaite de la candidate du système Hillary Clinton donnée archi-gagnante contre un type qui n’avait pour faire un président de la République, laisse désormais un peu plus de doute sur la capacité des storytelleurs du réel de réussir à tous les coups.

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